Armée

Sommaire

OBJECTIFS du GSsA
face aux réalités militaristes

CREDO et IDÉAUX
comprendre nos motivations

DÉBAT sur l'armée
comprendre le militarisme

ANTIMILITARISME
être contre l'armée

CONSCIENCE ARMÉE
l'un justifie l'autre

PACIFICATION ARMÉE
La Paix par les armes

CONTRE LA GUERRE
jamais laisser les militaires en paix

JUSTIFICATIONS
rendre l'armée sympathique !

DISCUSSION
sur l'armée

VOTATIONS
concernant l'armée

PROCÈS ARMÉ
objection de conscience

PRISON ARMÉE
punition et sanction

L I E N S
aux armes


Une Suisse sans Armée



POSSIBLE VRAIMENT ?


Depuis le milieu des années 1980, nous avons la chance de pouvoir régulièrement remettre l'armée en question. Même si la discussion se fait au détriment du fond et que les milieux au pouvoir en profitent pour privilégier la recherche d'un nouveau sens à donner à leur armée pour qu'elle puisse perdurer le siècle et le milléaire prochain, il n'est pas sans intérêt de vouloir comprendre tous les aspects du problème et revenir aux idées de base qui motivent l'antimilitarisme.




nouvelles compréhensions du monde

Devant les changements scientifiques et sociaux en cours, les anciennes vérités révèlent leurs limites et deviennent caduques. Les grandes découvertes biologiques modernes démontrent que la vie n'est pas qu'un rapport de force où la domination des forces du pouvoir et la loi du plus fort élimine systématiquement le plus faible; actuellement les enseignements tendraient à montrer que tous les aspects et configurations de la vie s'interpénètrent et agissent entre eux d'une manière harmonieuse pour former des écosystèmes vivants et évolutifs, presque auto-réparateurs. Les organismes vivants, pour assurer leur protection et survie, comptent sur des mécanismes de défense. Mais ces systèmes n'agissent jamais en détruisant les milieux vitaux, l'action est menée au niveau des vecteurs de maladies par la reconnaissance et une réduction des menaces.

Selon les conclusions d'une récente discussion entre experts militaires, ils ont pris conscience que :

  • avec l'évolution des technologies, l'action militaire pour la défense armée est réellement destructrice car tout affrontement militaire promet d'infliger des dommages considérables au territoire et à la population au sein duquel il se déroule,
  • même d'un point de vue défensif, la guerre ou sa menace ne sert plus aucun but utile car, au sein des pays industriels avancés, elle promet rien d'autre qu'un degré de dévastation qui insulte à l'idée même de victoire militaire.
  • la dissuasion par la force militaire est devenue une stratégie morte et sans recours car le monde a changé et la nature que peuvent revêtir les menaces est devenue non-militaire.


les nouvelles menaces et nos ennemis

La force d'une nation moderne et dynamique ne peut plus se mesurer à l'aune de ses armes car elles sont inutilisables pour la résolution des nouveaux conflits. Dorénavant, avant qu'un conflit armé puisse surgir entre deux cantons ou d'autres pays, il faudrait imaginer l'arbitrage pacifique de la Confédération autour d'une table de négociation rendant possible un règlement à l'amiable du diffèrent. Car on peut légitimement craindre pour son avenir si malgré les grands progrès technologiques de ces dix dernières années et en dépit des énormes possibilités de destruction, on continue à se parler en termes de rapport de force et de jugement d'autrui.

Les partisans de l'effort militaire, au travers de leurs déclarations passées et présentes, nous permettent de connaître leurs véritables motivations et intentions concernant la "nature humaine", les nouvelles menaces et nos ennemis :

  • J.P. Delamuraz : «Lorsque j'étais jeune, j'avais confiance en la nature humaine. Maintenant, lorsque j'observe ce qui se passe dans le monde, j'ai des doutes métaphysiques. La nature humaine peut tourner et le social peut changer de face. On voit les limites humaines, il peut avoir de tragiques retours de manivelle. La réalité, que l'on cache par inconscience ou oubli, montre que le côté sadique de l'homme et sa violence sont toujours à l'oeuvre.»

  • F. Jeanneret : «Le confort moderne et l'individualisme égoïste affaiblissent notre volonté de défense...»

  • J. Verney : «...le rejet de l'armée est le fait de gens paresseux, allergiques aux efforts et aux exigences de la préparation militaire, ne voulant pas faire de sacrifices pour la crédibilité de l'armée...»

  • J. Freymond : «La montée de la violence et le désir de destruction chez certains, nous renvoie à la décadence romaine.»

  • Dr H. Voëgli : «Il y a des peaux qu'on peut trouer...»

  • Un obscur Brigadier : «L'homme est naturellement mauvais. Il n'y a que l'armée pour inculquer aux hommes une conduite qui les garde sur le bon chemin et pour les apprendre à être obéissants...»

  • Mme O. Jàger : «...les flux migratoires attirés par nos richesses et notre confort, l'affluence excessive de réfugiés, pillards, trafiquants, bandes d'hommes armés...»

  • Commission E. Brunner : «...les tentatives de déstabilisation intérieure fomentées par des groupes luttant contre nos choix de société, cherchant à changer la société...»
  • «les personnes mécontentantes, aigries, faibles, marginales, propagatrices de fausse paix...»
  • «les trafiquants de drogues et le crime organisé...»
  • «les terroristes qui s'en prennent à la vulnérabilité de nos sociétés...»
  • «les dangers de la paix : le confort moderne, le pacifisme, la non-violence, l'indifférence politique et nationale...»


notre nature humaine

Nous pouvons constater que sous prétexte de réalité, on nous décrit le côté sadique de notre nature humaine d'une manière si négative, péjorative, subjective et diffamatoire que cela devient un jugement et une condamnation suprême, totalitaire et incontournable. Nous pouvons retenir de toutes ces affirmations péremptoires que la nature humaine est ressentie d'une manière tellement négative (violence, terreur, mort) qu'il faut des armes pour s'en défendre. Notre société clame que nous ne sommes pas capables de gérer la "nature humaine" autrement que par la logique du rapport de force, la dissuasion par la menace (!!), la peur et la main armée qui donne la mort.

Mais le recours à la force armée n'est pas un acte de civilisation et il est toujours le signe d'un constat d'échec :

  • aucune perception de la finalité de l'homme sur cette terre et de notre amélioration possible, la nature humaine est toujours perçue d'une manière fortement négative.
  • échec de la résolution pacifique des conflits, la domination par les armes est une barbarie et un déni de civilisation.
  • échec des droits de l'homme, nous sommes incapables d'établir une société où les conflits se règlent entre gens de coeur, pacifiquement.
  • échec du respect et l'amour de son prochain, nous employons des expédiants mortels pour l'élimination physique de l'autre.
  • échec dans l'établissement des relations interpersonnelles, l'autre est perçu comme une menace. Nous réglons nos différants par la mis à mort de l'autre.
  • échec de la nouvelle façon de voir l'homme telle que peuvent la définir des scientifiques renommés tels :
    A. Jacquard, H. Reeves, F. Capra, C. Sagan, A. Einstein. On préfère le jugement sommaire et les actes d'exclusion et de la mort.


conclusions

Nous savons tous à présent que si l'homme veut continuer son cheminement sur cette terre, nous devons tous rentrer dans une autre logique plus proche d'une autre réalité, celle qui mène à l'auto-construction de l'individu, de son âme et de la création de liens d'amour entres les gens et de convivialité dans nos environnements construits. En conclusion, un individu motivé autrement, une personne forte et consciente d'elle-même est parfaitement à même de se défendre quand il le faut, avec les moyens qu'il faut, sans encadrement, sans donner la mort, c'est l'alternative non-violente.

Georges Tafelmacher
objecteur de conscience, pacifiste, humaniste et antimilitariste
GSsA - PULLY - CH





«Le rôle de la défense nationale aujourd'hui»

Forum : L'Essor du printemps 2009

En ces temps de grave crise existentielle et de profonde mise en question de nos choix de société, c'est le moment de disséquer cette phrase et de passer en revue ses constituants pour voir ce qu'il y a au bout de la théologie pensée-unique déterminant la défense nationale.


  • Le____________
    • article défini renforçant le nom
    • objet premier
    • signe de l'importance que l'on y donne
    • valeur d'identification

  • Rôle__________________
    • défense contre l'envahisseur
    • défense de valeurs dominantes, à imposer car supposées supérieures
    • défense des richesses des privilégiés et de leur domination économique sur la planète
    • dissuasion en montrant une force supérieure
    • rapport de force pour faire peur et prévenir les actes de violence
    • suivre l'escalade de l'armement pour être au même niveau que les pays voisins
    • lutter contre l'insurrection, la sédition, la révolte, la contestation populaire, l'anarchie
    • prévention contre les dangers de la vie
    • protection contre tout ce qui peut menacer notre existence
    • protection des moyens industriels et de subsistance
    • satisfaire les besoins de sécurité
    • combler les besoins identitaires

  • de LA__________________
    • article défini renforçant la défense
    • objet premier
    • importance donnée aux valeurs subjectives
    • valeur d'identification

  • Défense__________________
    • l'armée et ses moyens militaires
    • l'affirmation du pouvoir de vie ou de mort sur les autres
    • la protection civile et l'exacerbation de l'importance que prennent les petits chefs locaux
    • le sport qui caractérise la nécessité d'imposer la discipline sur autrui et de le préparer à l'obéissance

  • Nationale__________________
    • repli dans les frontières réputées sûres
    • rassemblement identitaire contre ceux de l'extérieur qui veulent accaparer les terres nationales
    • le droit des gentils nationaux d'être forts et de se défendre
    • lieu pour souder volontairement les liens entre les gens habitant un même territoire
    • l'aire de formatage des individus à un comportement conforme, commun et maîtrisé

  • Aujourd'hui__________________
    • état de déliquescence du monde actuel
    • dangers : pollutions industrielles, immigration sauvage, atteintes aux moyens d'existence, réchauffement et changement climatique, pénurie des matières premières, injustice mondiale
    • menaces : violences vulgaires, colères populaires, failles individuelles, jalousie, effondrement psychologique des individus, viol de la sphère privée, pauvreté, injustice sociale et économique
    • terreur : forcer la main, régner par la peur, soumettre l'autre à son pouvoir
    • insécurité : incivilités, contestations et remises en question, défis contre l'autorité, le chaos
    • agressivité : la méchanceté des autres, la domination des brutes et des sauvages, les énervements
    • peurs : angoisses existentielles, sentiments de faiblesse et d'infériorité, émotions débordantes et incontrôlées, inquiétudes du futur, perte des repères normalisés, la peur de l'autre

guerreCette liste décomposée à la manière de Prévert nous fait comprendre que l'idée de fond de la "défense nationale" est basée sur une tendance à percevoir le monde de manière dichotomique, binaire et volontaire. Qui prétend parce qu'on aurait si peur de la méchanceté qu'on croit voir chez l'autre, on aurait le droit de se défendre par les armes et tuer ces supposés méchants violents qui cherchent à pénétrer notre sphère privée et à contester nos certitudes. L'analyse des raisons qui motivent la défense nationale montre que ces motivations ne sont pas basées sur des raisonnements rationnels mais qu'elles sont de nature psychologique : c'est l'angoisse qui impose cette marche régalienne et militariste, c'est la peur qui nous fait traiter l'autre de méchant, ce sont nos projections mentales qui nous font voir chez autrui les prémisses d'une agressivité destructrice, ces sont nos paranoïas qui nous font voir des ennemis partout. Tout le raisonnement pour justifier la défense nationale est basé sur des notions psychologiques qui sont refoulées dans le plus profond de nos inconscients irrationnels dont nous ne voulons rien savoir. L'ironie étant que l'idéologie censée encenser l'armée fait appel à nos pires instincts, à des motivations autodestructives enfuies dans les marasmes de nos inconscients pathologiques.

Jusqu'à maintenant, la philosophie de la défense consistait à vouloir une paix relative en préparant la guerre, soit en s'armant contre des tendances perçues comme dangereuses et anéantissantes et en aiguisant son potentiel de donner la mort. À présent, il faut retourner la proposition en insistant sur le fait que si on veut la paix, il faut la préparer en s'adonnant à la construction de rapports humains basés sur l'entente, le respect, la compréhension, la médiation, la résolution pacifique des conflits et la mise sur pied d'une société où chaque personne y participe de son plein gré en construisant sa vie particulière en relation holistique avec les autres. On peut certes continuer à croire que parce que la guerre a toujours existé, il faut la perpétuer mais après plus de 6'000 milles ans de ces guerres quasi constante, où la capacité de destruction a été multipliée par une facteur de 100'000 depuis la massue des hommes des cavernes jusqu'aux bombes de destruction massives fruits de notre haute technologie, il est temps de nos jours de chercher d'autres moyens pour pouvoir tous vivre ensembles sur cette planète surchauffée si nous ne voulions pas que nous disparaissions à jamais !

Georges Tafelmacher
GSsA/Vd





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Date de création : 20.04.2003   -   Dernière modification : 21.05.2009
Par :   Georges Tafelmacher   ©left 2005


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